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Published on avril 18th, 2016 | by Florian L

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Balade naturaliste – Evange – Avril

Pour cette balade, je vous invite à suivre un petit chemin rural partant d’une ferme et aboutissant dans une prairie plutôt humide située en lisière de forêt.

Ortie dioïque (Urtica dioïca)

Bien qu’étant une plante « banale », impossible de ne pas s’attarder sur le cas de l’ortie !
C’est une excellente comestible, à la fois tendre et au goût agréable (non amer). Elle est bourrée de vitamines et de sels minéraux avec 7x plus de vitC que des oranges et 3x plus de fer que des épinards !

Pour la cueillir sans se piquer, il faut pincer les feuilles depuis leur face intérieure. Les parties les meilleures étant les jeunes pousses du sommet. Au pire, on se frottera la peau irritée avec du plantain qui a la vertu d’apaiser les brulures d’orties.

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Les tiges sèches sont ce qui reste des orties de l’année dernière.

La décoction de la racine d’ortie est un remède reconnu par la médecine conventionnelle pour luter contre l’hyperplasie de la prostate (si c’est votre dada)… et aussi pour gagner en masse musculaire !!! (en gros, le principe actif de l’ortie ne stimule pas la production de testostérone mais empêche une autre hormone de se lier à la testos et donc augmente la testostéronémie dite libre).

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Chatons du tremble.

Enfin, si les bushcrafteurs s’amusent à faire des cordes avec la tige fibreuse de l’ortie, ce n’est pas par hasard ! Il faut savoir qu’autrefois l’ortie servait à faire des cordes, du papier et des tissus ! Le fourreau du couteau d’Otzi était fait d’ortie !

Lamier blanc (Lamium album), lamier maculé (Lamium maculatum) et lamier pourpre (Lamium purpureum)

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Un beau panaché de différents lamiers

Les feuilles des lamiers ressemblent beaucoup à celles des orties, sinon qu’elles ne piquent pas. C’est pour cette raison qu’on leur donne le nom d’ortie blanche/pourpre ou encore d’ortie morte.

Tous les lamiers sont comestibles (le pourpre sent un peu mauvais ceci dit). Les feuilles se mangent crues ou cuites… mais ce sont surtout les fleurs que l’on retiendra : remplies de nectar, elles apportent une touche sucrée à vos plats.

Ah ! Puisqu’on parle de la fleur… La plante tir son nom de Lamia, une ogresse (c’est confus) de la religion Grecque-Antique.

A part ça, pas grand-chose à ajouter…

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Avec un peu d’imagination, on dirait la gueule d’un monstre !

Oseille des prés (Rumex acetosa) 

Et encore une plante de la famille des bouffatales (comestible) !

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Oui beaucoup de rumex sont dégueulasses (amha) car trop amères (encore que l’on puisse atténuer l’amertume en les cuisant à plusieurs eaux) mais ce n’est pas le cas de l’oseille : elle est agréablement acidulée.

On en fait une « soupe à l’oseille » et sa saveur piquante accompagne plutôt bien le poisson (à la place du citron)…

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Deux mises en garde concernant l’oseille.
En premier lieu, évitez de confondre l’oseille avec l’arum tacheté toxique en raison d’une ressemblance (lointaine) de la forme de la feuille dite sagittée.
Deuxième point, les personnes souffrant de calculs rénaux ne devraient pas abuser sur l’oseille.
C’est tout.

Le méloé (Meloe violasceus)

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Oui, ce n’est pas une plante et oui, ça ne se mange pas. Mais lisez plutôt la suite car le méloé est un insecte surprenant à plus d’un titre.

Quand je vous dis que ça ne se mange pas… Ce n’est pas parce que c’est dégoutant… mais surtout parce que ça vous enverrai aux urgences !
En effet, à l’instar du crache sang, le méloé secrète un liquide rouge (de la cantharidine) lorsqu’il se sent menacé… Chez le méloé, la concentration en toxines est tellement élevée que ce « sang » est aussi toxique que de la strychnine ! A ne pas confondre avec un haribo à la réglisse…

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Le chevreuil et le blaireau sont passés par là !

Autre détail sympa, la larve utilise les abeilles comme de vulgaires transports en commun pour atteindre une ruche où elle se repaitra de miel.

Enfin, le méloé pratique l’hypermétamorphose (mot qui tue au scrabble)… C’est-à-dire qu’il passe par pas moins de 6 formes très différentes avant d’atteindre l’âge adulte (larve à papattes, larve « ver », nymphe etc.)

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Traces de mustélidé, probablement un putois.

Cardamine des prés (Cardamine pratensis)

La La cardamine est un crucifère : cruci pour « croix » car toutes les plantes de cette famille portent des fleurs à 4 pétales.
Comme c’était un nom de famille trop simple, trop mnémotechnique et donc pas assez pédant pour nos amis universitaires (troll), on a décidé de renommer ce groupe de plantes en « Brassicacées »… de brassica, le chou en gaulois… Parce que le chou est un crucifère… Bref, perso je continuerai d’utiliser crucifère. Nafout.

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Justement, un autre bon moyen de reconnaitre les crucifères, à part les fleurs en croix, c’est leur odeur de chou lorsqu’on froisse leurs feuilles. L’odeur, le gout et le toucher sont des moyens d’identifier les plantes au moins aussi efficaces que les descriptions visuelles des guides naturalistes !

La cardamine est elle aussi une très bonne comestible lorsque elle est jeune. Sa saveur forte rappelle un peu la moutarde et le cresson. Utile comme condiment ou pour relever une salade sauvage. Il ne faut pas en abuser sinon son gout puissant rend le plat presque immangeable.

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Rien à voir avec la cardamine. Nous avons la valériane qui pointe le bout de son nez.

Ail des champs (Allium oleraceum)

 Nan ! Ce n’est pas de la ciboulette ! La ciboulette présente une section ronde tandis que l’ail des champs est canaliculé. Non, ce n’est pas un gros mot, cela veut dire que la feuille présente une sorte de canal. Bande de canaliculés !

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Bon, concrètement, l’ail des champs se cuisine comme la ciboulette et ceci explique pourquoi la plupart des personnes l’appellent « ciboulette sauvage ».
Petite mise au point pendant que l’on y est : c’est une fine herbe. Ce qui veut dire qu’on la hache menue et qu’on l’incorpore au plat en fin de cuisson !

Les bulbes de l’ail des champs sont aussi très bons : une fois cuits, ils caramélisent, un régal !

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On voit bien que la section n’est pas ronde mais forme une gouttière.

Cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris)

Oui, c’est aussi une plante comestible mais je vous déconseille franchement d’essayer de la mettre dans votre assiette…
La raison ? Le risque de confusion avec d’autres ombellifères « à feuille de persil » très toxiques comme la cigüe par exemple.

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Le cerfeuil sauvage, contrairement au cerfeuil cultivé, ne sent pas grand-chose… Il se démarque ainsi de la carotte… qui sent la carotte et de la cigüe qui sent mauvais.
Un autre détail pour reconnaitre le cerfeuil, ce sont les pétioles des feuilles très canaliculés (encore), poilues en bas et glabres en haut (comme ta m… )

Compte tenu du risque et faible intérêt du cerfeuil sauvage, perso je m’abstiens d’en consommer.

Primevère officinale (Primula veris)

Beaucoup de personnes confondent la primevère officinale et la primevère élevée. Il est pourtant facile de ne pas faire la confusion. La première est d’un jaune orangé tâché d’orange à l’intérieur de la corolle tandis que la seconde est beaucoup plus pâle. De plus, leurs lieux de vie sont aussi différents : ma P. eliator pousse en sous bois à l’ombre alors que la P. veris pousse en milieu ouvert ensoleillé.

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Les deux sont d’assez bonnes comestibles. La primevère officinale sera d’un parfum plus délicat alors que l’élevée est beaucoup plus abondante.

Attention cependant en début de saison : les pousses de primevères ressemblent fortement aux jeunes digitales (très toxiques). La différence est subtile : les feuilles de la digitale sont plus « pointues » que celles des primevères.

Sachez enfin que l’infusion de fleurs de primevères est un remède de bonne fame contre les maux de tête.

Alliaire (Allaria petiolata)

Pour cette dernière, ce sera encore une bouffable.
L’alliaire est facile à reconnaitre avec ses feuilles en forme de rein (réniforme) qui exhalent une odeur d’ail au froissage.

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Dans l’assiette, elle apporte une saveur aillée / poivrée très variable d’une plante à l’autre.

C’est le matin, lorsque les alliaires sont humides, que les feuilles sont les plus parfumées. Une fois sèches, elles perdent tout parfum. D’ailleurs il est vain d’essayer de les conserver par ce moyen.

Les graines noires, une fois moulues et ajoutées à du vinaigre salé, constituent un condiment fin au gout de moutarde.

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Oeufs de grenouille rousse. Les grenouilles pondent en amas tandis que les crapauds pondent en chapelet.

Et voilà, c’est tout pour cette balade… Rendez vous le mois prochain ! Oui je vais essayer d’écrire une bafouille naturaliste par mois.

Allez, @+ !

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pratique le camping sauvage, la glane de plantes et champignons, bricole des affuts / abris de fortune... Par l'intermédiaire de Tacticraft, il souhaite aujourd'hui partager sa passion de la "verte".



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