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Published on mai 26th, 2016 | by Florian L

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Bien choisir son couteau de camp

Qu’est ce qu’un couteau de camp ? C’est le couteau que tu as sur toi quand tu campes… Sous entendu que toute lame peut faire l’affaire. C’est assez vrai quelque-part mais quitte à avoir le choix, autant prendre un outil qui soit adapté aux besoins spécifiques du « camping bushcraft ».

Avant d’aller plus loin et pour éviter tout malentendu « rambo-survivor »…

Est-ce que le gros couteau de camp est indispensable en RANDONNÉE ?
Réponse : non, une petite lame suffit. Vous n’aurez pas besoin de construire d’abris puisque vous aurez probablement une bâche ou une tente, ni de faire de feu puisque vous aurez des vêtements chauds et un sac de couchage adapté… En cas de réelle situation de survie (blessure invalidante, maladie aiguë etc.), vous privilégierez la position de la tortue sous votre poncho en attendant les secours (ou encore ramper dans votre sac de couchage pendant 3J en étant grièvement blessé… Vraiment, je vous invite à lire ce fait divers… La survie, la vraie, c’est pas celle de TF1 XD ).

Vous me direz, oui mais on a besoin d’un couteau pour faire un feu de camp, éviter l’hypothermie, purifier son eau et « survivre » ! Oui… mais en fait non… On peut faire un feu sans déployer des couteaux lourds et surtout le feu de camp ne doit jamais être autre chose qu’un confort OU l’ultime solution de secours (je ne dis pas que l’apprentissage des techniques de feu sert à rien, loin de là). Prioritairement au couteau de camp, un bon gros sac de couchage et de la purification chimique (avec un contenant, c’est ballot sinon) me paraissent plus réalistes à mettre en oeuvre, en situation dégradéeMais certes, un couteau léger à lame fixe reste votre ultime soupape de sécurité (cas d’école du sac de couchage trempé)…

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Amha, le trio idéal fonctionnel et efficient… Mais un peu ennuyeux.

Maintenant si votre LOISIR consiste à bricoler des cabanes, dormir sous une couverture en laine au coin du feu (avec le sac de couchage en backup au cas où, j’insiste…), fabriquer divers objets en matériaux naturels… bref, faire du « Bushcraft Survivor» quoi… Oui ! Un couteau de camp est utile, confortable et amusant.

Pour terminer, j’aimerai citer en exemple de Tobias D. aka « Redfuel Bushcraft » (sa page FB)  qui a fait un pèlerinage en autonomie de 9 mois (2015-2016), avec bivouacs, cuisine au feu de camp et tout le tralala. Il avait pour seul outil coupant un Mora Heavy Duty, c’est à dire une petite lame de 140g ! Lorsqu’on a la bonne attitude et que l’on connait les bonnes techniques, il est POSSIBLE de se débrouiller dans la nature avec au final peu de choses. N’oubliez pas: « the more you know, the less you carry » (Mors Kochansky).

Voilà, c’était mon avis à moi perso.

Dernier truc :
Je ne ferai plus de reviews de couteaux. J’en ai marre. J’aime bien découvrir de nouveaux produits au travers de chaines youtube comme celles de Ju-Bushcraft Alpin par exemple, mais perso, je m’ennuie en réalisant ce type de reportage. Je ne dénigre pas. J’annonce. Stou.

Dernier, dernier truc:
Bien que cet article s’adresse aux débutants, il est truffé de termes techniques… Que vous apprendrez tôt ou tard si vous voulez avancer dans votre pratique du bushcraft… J’ai la flemme d’écrire un glossaire dans la mesure où Google n’est pas fait pour les chiens. Si jamais, malgré vos recherches, vous ne trouvez pas une définition, posez votre question dans les commentaires, je vous répondrai !

1 Le couteau de camp, concept.

Il s’agit d’un couteau, de taille variable, à lame fixe, capable de supporter des torsions et des chocs sans casser ni s’ébrécher. C’est aussi simple que ça.

2 Le manche

Avant de poursuivre, sachez que j’utilise toujours mes couteaux avec des gants anticoupure « textiles » (EN388 x5xx). Ces gants sont glissants sur le bois et le micarta mais accrochent très fort sur les matières plastiques.

Le manche, c’est l’interface entre la main et la lame. C’est LE détail trop souvent sous-estimé par les couteliers industriels comme artisanaux.
Préférez les couteaux munis de manches gros et longs (et duuurs) qui remplissent bien votre main. Choisissez-le comme vous choisiriez un amant une raquette de tennis ! Bien entendu, nous avons tous des mains de tailles différentes. L’ESEE4 par exemple, couteau positivement réputé, ne me convient pas du tout en raison de son manche trop court et trop fin.

Le manche est une zone qui est susceptible d’être frappée au cours d’opérations de « bâtonnage ». Donc, au niveau des matériaux, préférez le micarta : c’est in-des-truc-tible. Certes ça glisse un peu, mais ce défaut peut être compensé par la pose de grip de raquette de tennis. Le grip va s’user et se désagréger… mais il est facilement remplaçable ! Cette combo est la meilleure solution AMHA.

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Une fois le grip « bouffé », on peut facilement le remplacer.

Les manches en plastique caoutchoutés fournissent un bon grip et absorbent les vibrations mais finissent par se désintégrer si on prend l’habitude de taper dessus… Et contrairement aux bandes pour raquettes de tennis, ils sont difficiles à réparer.
Même remarque pour les manches en bois : c’est élégant et authentique mais ça casse encore plus facilement (et en plus, ça glisse).

Autre détail important : la semelle / la soie doit dépasser sur l’arrière. On appelle ça le « talon dépassant ». Le talon dépassant sert à protéger le manche lorsqu’on bâtonne le couteau par l’arrière. Accessoirement, on peut se servir de cette proéminence pour casser –par exemple- des noix (même si je préfère utiliser le dos de la lame pour ça).

Les plaquettes du manche doivent être fixés à l’aide de 3 vis et non pas 2. Pourquoi ? En frappant le manche, les plaquettes transmettent une partie du choc aux fixations. En cas de casse d’une vis sur deux, la plaquette devient mobile et on veut éviter ça. En cas de casse d’une vis sur trois, la plaquette reste fixe et fonctionnelle.

Le manche doit impérativement présenter un trou pour faire passer une dragonne. La dragonne permet de mettre en œuvre deux techniques de coupe que vous verrez dans un prochain article… Retenez juste pour l’instant qu’elle est très importante.

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Manche parfait: passant dragonne, rebondi, micarta, talon dépassant, 3 vis, grip de raquette.

Enfin, il est souhaitable, mais pas indispensable, que le manche se termine par un léger rebondi à l’arrière. Ce rebondi empêche le couteau de s’échapper de votre main lors de coupes à la volée. C’est un détail plutôt important sur les très gros couteaux. En cas d’absence de ce rebondi, la dragonne est une solution de remplacement efficace.

Évitez les manches qui se terminent par une sorte de bec (exemple: Ontario SP50). Par expérience, le crochet vient heurter le petit doigt lors de coupes à la volée et finit par rendre le geste douloureux.

3 la garde

Fuyez comme la peste les couteaux de chasse/combat munis d’une garde à « double quillons ». La garde située du coté du dos de la lame va vous gêner lors de techniques de coupe de précision.

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Ce type de garde est gênante et le ricasso est à la fois trop court pour y glisser un doigt tout en étant trop long. ©Cold Steel.

De plus, la garde située du coté du tranchant ne doit pas être plus basse que le fil de la lame. Dans le cas contraire, lors de coupes sur un billot ou une planche, la garde peut venir heurter le support en premier et rend l’opération de coupe plus pénible et/ou moins précise (on est contraint de couper avec l’avant du couteau).

Au niveau du ricasso (espace entre la garde et le début du fil de lame), c’est tout ou rien ! C’est-à-dire que le fil de la lame doit commencer directement après la garde ou bien le ricasso doit permettre d’y glisser un doigt (on appelle alors ça un « finger choil » et je sais que vous vous attendiez à un jeu de mots cradingue =).
Le but est de limiter l’effet de bras de levier en plaçant l’objet à couper le plus proche possible de la main. Un ricasso mal foutu impose une distance minimale et donc entraîne une perte de force de coupe en augmentant l’effet de bras de levier.

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La garde est un chouya plus basse que le fil. La garde aurait été plus basse, ça commencerait à devenir gênant.

Par expérience, les finger choils sont utiles uniquement si le centre de gravité du couteau est situé vers la lame : en saisissant le couteau au plus proche de son centre de gravité, on atténue la sensation de poids (encore une histoire d’effet « bras de levier »).

Enfin, je ne suis pas sur si c’est utile de le préciser, mais les manches en forme de poing américain et/ou garnis de pointes… Non…

4 Structure  & matériau

Deux structures de couteaux sont à retenir : la plate semelle et la soie traversante. Chacune ont leurs avantages et inconvénients. Les autres montages, en particulier les couteaux pliants et les manches tubulaires creux, sont à proscrire car trop fragiles (mais un petit opinel pour seconder son couteau de camp, c’est une bonne combinaison !).

La plate semelle est la structure la plus solide. Si les plaquettes sont fabriquées dans un matériau résistant, on peut frapper le couteau tant sur le dos de la lame que sur le manche sans risquer le moindre dommage. Ceci étant, à taille égale, les couteaux en plate semelle sont plus lourds que leurs cousins montés sur soie. De plus, la quantité importante d’acier au niveau du manche équilibre ces couteaux « vers l’arrière », ce qui atténue leur puissance en coupe à la volée.

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Les « leukus » sont des couteaux montés sur soie au rapport poids/puissance inégalable… Mais leur fragilité les destinent à des utilisateurs avertis.

La soie traversante est beaucoup plus fragile qu’une plate semelle. Si on tape sur le manche d’un couteau monté sur soie, on risque de le « démancher » (la lame se décolle du manche)  voir carrément de fendre le manche. Tant que la soie n’est pas cassée, le couteau est réparable chez un artisan…
La moindre quantité d’acier dans le manche rend ce type de couteau plus léger mais aussi mieux équilibré (avec du poids vers la lame). L’un dans l’autre les couteaux montés sur soie ont un rapport poids / puissance supérieur aux plates semelles… mais sont nettement plus fragiles ! Déconseillé aux débutants.

Beaucoup de fabricants essayent de trouver le compromis idéal entre plate semelle et soie. Les couteaux Fallknivens par exemple ont une soie très épaisse (solide) qui se termine en « talon dépassant » fonctionnel. Les Beckers ont une semelle évidée, ce qui allège le couteau au niveau du manche et donne un équilibre semblable à une soie tout en conservant les bénéfices de la plate semelle. Le Lionsteel M7, quant à lui, est monté sur une sorte de gouttière usinée dans le manche. On bénéficie de « l’équilibre vers l’avant » d’une soie et de la possibilité de bâtonner le dos du manche ainsi que le talon dépassant d’une plate semelle. Le mouton à 5 pattes quoi.

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Illustration dégueulasse de la gouttière du M7. La flemme de démonter le mien. ©chaipaqui

Enfin, concernant l’acier, on recherchera une nuance qui résiste aux « chips » (« dents ») et qui se comporte comme un ressort (se tordre puis revenir à sa forme originelle sans casser). Plus un acier est dur, plus son tranchant est durable mais plus il est cassant, méfiez vous par conséquent des duretés élevées (les couteaux très durs sont un argument marketing auprès des acheteurs qui n’y connaissent rien !)
Pour compliquer le tout, à une dureté égale, les différentes nuances d’acier n’ont pas la même résistance… Et pour achever le merdier, les aciers « hi-tech » capables de résister aux chocs et à la torsion tout en restants très durs sont aussi les plus exigeants en matière de traitements thermiques (précision de la température et de la durée, refroidissement par cryogénisation etc.) … Ce qui veut dire qu’il ne suffit pas d’usiner une lame dans un « bon acier » pour en faire un bon couteau… Le fabricant doit aussi parfaitement maîtriser son traitement thermique…  S’y retrouver est donc très difficile car la métallurgie est une science austère, les « créatifs » pipotent comme des coureuses de remparts et il est difficile de connaitre la vérité à propos des traitements thermiques des fabricants…
Du coup… Sceptique et non métallurgiste, je ne sais pas quoi  vous conseiller en dehors des aciers dits « au carbone » plus connus sous le noms « d’aciers ki-rouillent ». Ce sont des nuances simples qui ont fait leurs preuves (des épées médiévales aux amortisseurs de camion) à condition de ne pas les tremper trop durs (une dureté Rockwell de 57HRC est idéale sur de l’acier 1095).

5 La lame

Est-ce que la taille ça compte ? Mhhh…  ^ ^.
En règle générale, on mesure les lames de couteaux en « pouces » (1 pouce = 2.54 cm). Pour simplifier, les couteaux de camp ont une lame comprise entre 4 et 12 pouces. Plus la lame sera longue, plus le couteau sera lourd et efficace en coupe à la volée.
Les 4 pouces manquent de punch lorsqu’on veut rapidement sculpter un pieu (piquet) / un aplat (planche à découper) ou ébrancher un arbre mort.
D’un autre coté, la puissance des 12 pouces est concurrencée par les scies, moins dangereuses, moins lourdes et moins fatigantes.
A mon avis, le compromis idéal se situe aux alentours des 6-7 pouces: le couteau pourra faire de petites coupes à la volée, sera maniable et son poids, sans être ultra léger, restera acceptable dans le sac à dos (notion très subjective). Combiné à une scie pliante, c’est le duo idéal.

La hauteur de lame (distance entre le fil et le dos de la lame) est un critère souvent passé  à la trappe dans les descriptifs techniques et qui pourtant est crucial : une hauteur de lame trop importante va certes augmenter le poids et donc la puissance en coupe à la volée mais va surtout vous gêner lors de coupes « pousse pouce » et/ou en pince que l’on effectue fréquemment.

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Une hauteur de lame trop importante empêche ce genre de geste. Perso, une hauteur de 5cm est trop pour moi. Des mains plus petites seront gênées par une hauteur de 4cm…

Concernant l’épaisseur idéale du dos de la lame, c’est difficile à évaluer et va dépendre de la morphologie globale de votre couteau. Par exemple, mon kukri à un dos de lame de 1cm, ce qui est énorme… Mais au final, c’est fonctionnel dans l’enveloppe d’utilisation d’un kukri… A l’inverse, j’imagine mal plus de 6mm d’épaisseur sur une lame de 6 pouces… Mais pourquoi pas ! Une chose est sure: il faut éviter de descendre sous les 3mm d’épaisseur…
Une forte épaisseur rajoute de la solidité, permet de fendre plus facilement des bûches, augmente la puissance de coupe à la volée… Mais pèse plus lourd dans le sac et pénètre moins dans la matière lors de petites coupes (encoches, saucisson etc.)…

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Un kukri ne répond que très partiellement à ce cahier des charges… Mais c’est un design qui rend les coupes à la volée très efficaces.

Au niveau de la forme de la lame à proprement parler… D’une manière générale, préférez les lames droites, simples et lisses. Évitez les « serrations » : ces petites dents en début de lame ont un pouvoir de coupe supérieur sur les matériaux fibreux (cordes, tissus) mais vont vraiment vous gêner pour tailler du bois (un multitool muni d’une lame dentée peut rendre service !).  Bien entendu, évitez les trucs funky ou biscornus. Cette affirmation n’est pas toujours vraie dans la mesure où certains designs exotiques fonctionnent bien entre des mains averties (les nessmuks, parangs et kukris par exemple).

Il faut à tout prix éviter les lames à double tranchants qui empêchent d’utiliser des techniques faisant appel au dos de la lame. Certains couteaux présentent un « contre tranchant » (false edge) qui n’est pas aussi rédhibitoire qu’un vrai double tranchant mais qui reste ennuyeux : lors d’opération de bâtonnage, la massue en bois est littéralement bouffée par le false edge.

Globalement, il faut éviter les « bidules » sur les dos de la lame car ils créent des points de fragilité (en plus de ne servir à rien). On recherchera donc des dos de lame sans fioritures. Les encoches et les peignes ne servent qu’à une chose : vous faire passer pour un guignol XD. En revanche, les dos de lame présentant des arrêtes vives sont recherchés : ils permettent de gratter l’écorce ou de produire des étincelles avec une tige de ferro.

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Je crois que l’on peut difficilement faire pire niveau fonctionnalité ! Et je ne vous parle même pas des matériaux… Made in Crapistan pour ne rien gâcher.

Recherchez en priorité des pointes qui sont situées dans l’axe du manche. Elles répondent généralement au nom de « spear point » et « drop point ». Si possible, choisissez les épaisses: les couteaux cassent souvent au niveau de la pointe lorsqu’elle est trop fine (par exemple Alfie a cassé la pointe de son BK-7).  A éviter, si possible : tout le reste ! Les tantos, sheep foot, bowie et cie ont le défaut majeur de faire riper le couteau lorsqu’on veut refendre du tout petit bois à l’aide de la pointe. C’est pénible et surtout dangereux.

Pour finir, je n’ai pas d’avis tranché (haha) concernant l’émouture (la forme du tranchant). Les tranchants scandis mordent fort le bois et sont faciles à affûter mais restent fragiles et demandent beaucoup de travail pour rattraper une lame ébréchée. Les émoutures sabres sont les plus solides mais peuvent parfois donner l’impression de « mal couper ». Ma préférence va aux émoutures « full flat » / ou sabre hautes qui offrent un bon compromis entre coupe, entretien et solidité.

6 l’étui

Beeeehhh… Je n’ai pas de recommandation dans la mesure où, en France, le port du couteau à la ceinture est globalement mal toléré tant par le public que par les forces de l’ordre.
L’étui doit avant tout maintenir le couteau et l’empêcher de couper par accident votre sac ou vous-même. Jusqu’à présent, je n’ai pas vu d’étui qui n’était pas fiable.

Les histoires de passants molle, port inversé et cie… ça n’a pas d’utilité en bushcraft et ce d’autant plus que ces systèmes de « molle back » rajoutent du poids inutile. On se contentera plus volontiers d’un simple passant ceinture pour se libérer les mains autour du camp.

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L’arrière de l’étui du M7. Cette plaque de nylon pèse 120g ! Je parie que l’on peut fabriquer une attache 2x plus petite ne pesant que 50g. Oui, la chasse aux grammes superflus vous fait gagner des kilos sur votre sac à dos !

Bien sur j’ai mes préférences !  Le corps de l’étui en kydex / plastique et l’attache en cuir/nylon de type « Dangler bas » (à la mode scandinave quoi). Le port bas évite de se prendre le manche du couteau dans les côtes, permet de porter son couteau au ceinturon avec un sac à dos à ceinture lombaire par-dessus (imaginons que vous fassiez un séjour dans une région *sans forces de l’ordre*). Enfin, l’articulation du dangler permet d’accéder à son couteau sans avoir à se contorsionner lorsqu’on est tranquillement assis en face de son feu de camp…

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Une simple lanière attachée à un D-ring rend létui de base de l’ESEE6 vraiment confortable. Notez la dragonne enroulée autour du clip pour sécuriser la lame pendant le transport dans le sac à dos.

7 Recommandations

A ma connaissance, l’ESEE6 et le Lionsteel M7 répondent favorablement au cahier des charges énoncé ci dessus (les couteaux en photo de couverture).

L’ESEE6 a pour défaut une pointe un peu trop fine et un manche pas assez épais / manquant de rebondi  (j’ai monté des plaquettes de l’ESEE5, plus épaisses, sur mon ESEE6). Ses avantages sont une garantie à vie « no questions asked », un acier et un traitement thermique de confiance (chose rare et précieuse) pour un poids plutôt contenu. C’est un couteau fiable, carré, droit dans ses bottes, sans surprises, ni bonnes, ni mauvaises. En un mot: ennuyeux  XD (J’ai un ESEE6 depuis des années… Je sais que c’est le choix « sage »… Mais au moment de faire mon sac, il reste souvent au placard…).

Le Lionsteel M7… Je suis réservé sur l’acier employé… Je ne dis pas qu’il est mauvais… Juste que je suis sceptique sur le semi inox trempé à 61Hrc (plutôt dur) et que ça pue l’idée lumineuse des connards du service marketing. Jusqu’à présent, le couteau coupe très fort, ne s’est pas méchamment ébréché et les inévitables pétouilles ont été rattrapées à l’affûtage… Mais il va me falloir du temps pour accepter ce choix étonnant de la part du fabricant…
En dehors de ce cette réserve, ce couteau est de la bombe en barre vitaminée ! Il répond point par point à mon cahier des charges. Sur le terrain c’est un outil polyvalent et efficient !

Faudrait un M7 en acier carbone trempé à 57Hrc… Là ce serait vraiment orgasmique…

Conclusion

Il existe des milliers de modèles couteaux dont beaucoup, beaucoup de daubes… Munis de ces critères de sélection, vous pourrez orienter votre recherche et tomber sur le « bon ». N’oubliez pas non plus de vous faire plaisir ! Certaines lames sont « sous optimales » mais terriblement fun à utiliser (Junglas, Skrama, Kukri etc.)… 

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En fait, le vrai problème… C’est de réussir à s’en contenter d’un seul XD

Sur ce, bon bushcraft et n’oubliez pas de mettre vos gants anticoupure !

Le prochain article « couteau » sera le dernier et portera sur les techniques de coupe spécifiques aux couteaux de camp.

@+ !

EDIT: merci à ma compagne et à Ju pour leurs critiques constructives.

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About the Author

pratique le camping sauvage, la glane de plantes et champignons, bricole des affuts / abris de fortune... Par l'intermédiaire de Tacticraft, il souhaite aujourd'hui partager sa passion de la "verte".



6 Responses to Bien choisir son couteau de camp

  1. Fred says:

    Belle synthèse, agréable à lire et qui sent le vécu. Merci !

  2. Thomas says:

    Salut

    J’ai une petite question, ou as tu acheté les poignées du esee 5 car sur mon Elite tactical semper (clone du esee 6 en acier 440c) j ai le même problème, les poignées sont trop fines.

    Merci

    Thomas

  3. jean says:

    très bon article, mais perso je préfère mon bon vieux Mora avec ma hachette Estwing et Opinel scie.
    Ils remplissent chacun leur fonction a 100% pour 990g au total.
    merci pour ton site

  4. Jon says:

    Bonjour,

    Je retrouve beaucoup d’expérience dans cet article. Je suis heureux de trouver de bons commentaires techniques sur le choix d’un couteau. Il manque juste à mon sens un bémol pour ce qui est – quand cela est possible – de l’utilisation du couteau dans le cadre de la chasse. Pas de la chasse comme on l’entend à la télévision…mais cette chasse qui fait que vous êtes 1 semaine ou plus en montagne à vous débrouiller. Clairement aujourd’hui je n’ai pas trouvé un couteau pouvant me servir à tout. Je suis possesseur d’un woodlore et je suis assez déçu. Du coup mon sac à dos ressemble à une vitrine de coutellerie tant j’ai besoin d’outils spécifiques. Je tiens à remercier le maitre de ces lieux qui a pu me guider avec diverses options que je suis en train d’étudier.

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