plantes

Published on mai 11th, 2014 | by Florian L

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Bien débuter en botanique

Les plantes sauvages médicinales et comestibles connaissent un regain d’intérêt.
Nombreux sont ceux et celles qui souhaitent se lancer en autodidacte mais ne savent pas vraiment par où commencer…
Si vous êtes dans cette impasse, cet article est fait pour vous. Il vous indiquera les bonnes astuces et les erreurs à ne pas commettre afin d’être en mesure, à terme, de nommer tout ce sur quoi se pose votre regard.

L’enjeu, c’est quoi ? L’enjeu c’est de parvenir à manger les bonnes plantes et écarter les toxiques. Donc le nerf de la guerre, c’est de pouvoir identifier de manière FIABLE les différentes espèces AVANT d’envisager toute consommation.

Cette mise en garde évidente vous fait sourire ? Lisez donc ceci avant de poursuivre.

Erreur fatale N*1 : Le livre qui fait « tout »
L’erreur de base consiste à s’acheter un guide « qui fait tout », c’est-à-dire un livre qui mêle identification des plantes, comestibilité, propriétés médicinales etc. Ce type de livre est très attirant pour le néophyte (souvent vu en tête de gondole dans les grandes surfaces) mais c’est un piège ! Par expérience, ces bouquins ont certes une approche orientée loisir, donc agréable (d’où les bonnes ventes), mais ils sont absolument inutiles sur le terrain.

Erreur fatale N*2 : prendre des photos et demander à vos potes d’internet d’identifier le spécimen.
Pourquoi c’est une mauvaise idée ? D’une part parce que votre photo sera pourrie : ne pas être capable de reconnaitre le spécimen implique que vous n’êtes pas capable de prendre les bons détails… De plus, une plante est rarement isolée : sur votre cliché, une feuille appartenant à une autre espèce voisine peut squatter l’arrière plan et brouiller les pistes !
Enfin, la personne à qui vous demanderez un avis de spécialiste ne sera pas forcément plus avertie que vous… Toute réponse devra donc être rigoureusement vérifiée.

delachaux et niestlé

Deux livres que je vous recommande: « Bien débuter en botanique » chez Glénat et le « Guide des fleurs sauvages » (sous réserve d’habiter la moitié nord de la France) chez Delachaux et Niestlé.

Truc N*1 : choisir un BON guide d’identification.
Avant de consommer une plante, il va falloir l’identifier. Compte tenu des risques de confusion, votre identification doit être la plus fiable possible. C’est là qu’intervient le guide d’identification. Soyons clair, un guide d’identification sert à identifier, point barre : pas de recettes, pas de propriétés médicinales.

Qu’est ce qu’un BON guide d’identification ?

Simple ! Votre choix devra remplir les critères suivants.

  1.            Vérifiez la zone géographique couverte par votre guide. En France, nous avons des biotopes très différents entre le sud, le nord et les zones d’altitude. Si votre terrain de prospection se situe en dehors de la zone couverte par votre guide, les plantes qui vous entourent ne figureront pas dans le bouquin…
  2.           La partie la plus importante d’un guide est sa clef d’identification. Qu’est ce qu’une clef ? Un sommaire classe l’information par ordre de pages. Un index classe l’information par ordre alphabétique. Une clef classe l’information par critère d’identification. Choisissez une clef dont les critères sont faciles à comprendre, c’est-à-dire graphique plutôt que textuelle et sans termes techniques. Par exemple un classement des plantes à fleur en fonction du nombre de pétales et de la couleur est parfait.
  3.           Concernant les illustrations, deux choses sont à éviter : les photos et les planches illustratives dissociées des descriptions. Pourquoi pas de photos ? Parcequ’on ne peut pas représenter tous les détails sur un seul cliché. Une illustration naturaliste sera bien plus utile en représentant un échantillon moyen et en mettant en « avant » les détails importants. En ce qui concerne les planches d’illustrations dissociées des descriptions, c’est un agencement hérité des très vieux bouquins et se révèle vraiment peu pratique à l’usage.
  4.           Gardez à l’esprit que les illustrations ne servent qu’à donner une idée générale de l’allure de la plante. Il est impossible et imprudent de se baser sur les images seules pour identifier de manière fiable une plante. Le cœur de l’identification, c’est le texte descriptif… Et là… il n’y a pas de simplification possible. Le texte doit être carré, scientifique, bourré de mots compliqués qui désignent des détails précis. Si le texte correspond en tous points à la plante que vous avez sous les yeux, c’est que vous avez atteint votre but. Le texte doit aussi indiquer la période de floraison, ainsi que le biotope.
  5.           Comme les termes scientifiques sont souvent imbuvables, vérifiez en fin de guide la présence d’un glossaire donnant une définition humainement compréhensible aux mots tordus… ça vous évitera de devoir emporter un dictionnaire sur le terrain (un pti Larousse dans le sac à dos ? Vos lombaires vont adorer =).
  6.           Enfin, vérifiez la présence d’un double index : classement selon les noms vernaculaires (noms communs) et classement selon les noms scientifiques. Parfois, l’index ne liste que les noms scientifiques, ce qui n’est pas franchement débutant friendly.
Fleur de Stellaire Holostée. Tout ce qui présente une fleur est facilement identifiable.

Fleur de Stellaire Holostée. Tout ce qui présente une fleur est facilement identifiable.

Truc N*2 : passer du temps sur le terrain

En ce qui me concerne, je n’ai appris qu’en étant sur le terrain, assis en face de mon spécimen avec mon livre sur les genoux. Dans cette situation, le regard ne se contente pas de simplement voir, des tas de détails jusqu’alors insignifiants finissent par vous sauter aux yeux.

A contrario, il ne me parait pas efficace de chercher à apprendre «  à l’avance » les plantes sur des bases théoriques puis de faire appel à votre mémoire pour les reconnaitre sur le terrain… Si toutefois, ça marche mieux pour vous, félicitations, vous êtes un autiste ^ ^.

Plus sérieusement, une plante change d’apparence au cours de son existence… Mais a toutes les chances de rester au même endroit d’une année à l’autre ! Revenez plusieurs fois sur vos lieux d’identification tout au long de l’année. A force d’observation, vous reconnaitrez votre plante sous la forme de jeunes pousses ou d’herbes séchées. Ce travail à long terme est indispensable pour qui souhaite consommer des plantes, en effet, certains spécimens se récoltent avant ou après la floraison (avant floraison pour tout ce qui est tubercules et après floraison pour tout ce qui est graines).

Beaucoup de plantes comestibles & médicinales se récoltent avant ou après floraison. (Ici, ail des ours - Alium ursinum)

Beaucoup de plantes comestibles & médicinales se récoltent avant ou après floraison. (Ici, ail des ours – Alium ursinum)

Truc N*3 : passer du temps au bureau

Vous gagnerez énormément de temps dans vos recherches de terrain si :

–          Vous apprenez par cœur les définitions des termes botaniques contenus dans le glossaire. La lecture de la description en sera grandement accélérée sans les consultations intempestives du glossaire.

–          Vous apprenez à reconnaître « à la louche » les principales familles de plantes. En effet, savoir d’un simple coup d’œil qu’une fleur appartient par exemple à la famille des Crucifères (4 pétales en croix) vous permettra de vous aiguiller d’emblée sur la bonne piste. Certains guides sont d’ailleurs   pourvus de clefs d’identifications secondaires appliqués à des familles de plantes.

–          Vous prenez des photos que vous classerez manuellement dans des répertoires ou à l’aide d’un logiciel de gestion de photothèque. Ce travail post terrain permettra de fixer une bonne fois pour toutes vos souvenirs.

Conclusion

C’est aussi simple que cela, pour se lancer, il vous faudra :

– un bon guide,
– un bon guide,
– un bon guide (c’est bon vous avez compris ? =)
– passer du temps à identifier sur le terrain
– passer du temps à étudier et fixer l’information chez soi

En plus de ce petit article, je vous ferai une vidéo où je vous présenterai des bons et des mauvais bouquins.

Enfin n’oubliez pas les règles de savoir être qui sont applicable dès la phase d’identification. Si vous n’êtes pas au courant, prière de consulter cet article.

Merci et @+ !

PS: la vidéo de présentation des livres est disponible ci dessous.

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About the Author

pratique le camping sauvage, la glane de plantes et champignons, bricole des affuts / abris de fortune... Par l'intermédiaire de Tacticraft, il souhaite aujourd'hui partager sa passion de la "verte".



5 Responses to Bien débuter en botanique

  1. legrandjacques says:

    Chui maudit…impossible de lier les vidéos de y.tube !
    Puis-je avoir les références du ou des bouquins – je fais confiance a ta pertinence pour le choix.
    Cordialement

    • Florian L says:

      Guide des fleurs sauvages
      ISBN-13: 978-2603016381
      /!\ Guide valable pour la moitié nord de la France

      Bien débuter en Botanique
      ISBN-13: 978-2723476010

  2. jluct says:

    Bonjour,
    c’est sur vos conseils pour débutant en botanique que je me suis procuré les deux livres que vous citez.
    Je me suis livré à un premier exercice en essayant d’arriver à Anthyllide vulnéraire en utilisant les fleurs et leurs formes je n’y parviens pas sauf à utiliser la clef particulière pg 124-125 ce qui pour un débutant est un obstacle car il faut connaître la famille.
    Ai-je manqué quelque chose?
    Merci
    Cordialement
    Jean-Luc

  3. BARBIER says:

    Article intéressant, mais inapplicable, pour choisir un guide, il faut savoir ce qu’il y a dedans, et pour savoir réellement il faut l’acheter,et après, il est trop tard s’il ne convient pas !
    D’autre part, vous citez le Guide des fleurs sauvages, c’est bien de préciser qu’il est surtout utile au Nord de la France, mais l’autre partie de la France, elle ne vous intéresse pas ?
    Sans être désagréable je trouve que les conseils que vous donnez sont inutiles, car pour orienter les débutants, il faut donner des renseignements précis, et surtout applicables, ce n’est pas le cas ici !
    Cordialement.
    Guy

    • Florian L says:

      Le pourtour méditerranéen ne m’intéresse absolument pas. J’ai une nette préférence pour le Nord.

      Merci pour votre critique constructive qui aidera les débutants à faire le bon choix, mdr.

      Sérieusement, que conseilleriez vous ?

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