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Published on février 7th, 2016 | by Florian L

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Construction d’une « Tchoum »

Une Tchoum, c’est quoi ? Non ce n’est pas l’onomatopée d’un éternuement ! C’est une « hutte Sibérienne ». J’ai appris cette technique pendant un voyage ethnographique en immersion dans les contrées lointaines de… euh… internet… Cet abri réalisé à 100% en matériaux naturels ne nécessite aucune cordelette.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à remercier Stéphane de la chaine youtube /page FB « Nature Minimaliste » ainsi que John C. et les intervenants du forum EVSF chez qui j’ai copité sans vergogne la technique présentée ci dessous. Dernière petite précision: je ne suis pas un pro de la Tchoum (à tes souhaits), tout commentaire constructif est le bienvenu.

1 Choix de l’emplacement

Comme lors de n’importe quelle installation de camp, il convient de vérifier en priorité que la zone ne présente pas de risques (chutes de branches/pierres, passage de gibier, crue de torrent etc.). Lorsqu’on veut construire un abri en matériaux naturels, il est aussi plutôt malin de s’installer à proximité des dits matériaux de construction… sous peine de devoir faire d’épuisants et chronophages allers/retours…
Dans mon cas, j’ai choisi une hêtraie/charmeraie d’age intermédiaire, en lisière d’un taillis, qui m’offre beaucoup d’arbres morts sur pied, des feuilles mortes et des arbrisseaux de différentes tailles.

2 le tripode initial

Vous aurez besoin de deux perches droites et d’une fourche en « Y ». Comme il s’agit de la clef de voute, il faut du bois « solide ». Parce-que je ne trouvais pas de « Y » qui me convenait, j’ai choisi de couper du bois vert. Oui je sais, pabien… Mais de toutes façons, au fur et à mesure que la parcelle va arriver à maturité, le 3/4 des arbres vont mourir en raison de la compétition pour la lumière… Mais ce n’est pas non plus une raison pour  tout dévaster !

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Un conseil: ne voyez pas les choses en grand, construire la structure représente seulement 30 à 40 % du travail…

Vous devrez ensuite vous arranger pour faire tenir le tripode en équilibre en vous aidant de la perche en « Y » (voir photo ci dessus).
Ne vous inquiétez pas si le montage vous semble très fragile, le seule chose importante est que le trépied tienne debout en équilibre.

2 Armature verticale

Vous aurez besoin d’une vingtaine de perches relativement solides qui constitueront la structure portante. Du bois mort sur pied (non pourri) suffit largement. Vous disposerez les perches tout autour du trépied en les espaçant de manière régulière et en laissant une intervalle plus large à l’emplacement de l’entrée (idéalement orientée plein sud). Pour gagner du temps, il n’est pas utile de couper toutes les perches de la même longueur.

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A ce stade, la structure est beaucoup plus stable… bien qu’un coup de pied étourdi puisse encore déloger un élément !

3 Armature horizontale

A l’aide de végétaux relativement souples, vous allez tresser des branches à l’horizontale en travers des perches comme si vous vouliez réaliser un panier. Il est très important d’alterner le sens « dessus – dessous »: c’est cette étape qui va donner toute sa solidité et sa longévité à votre abri !
Normalement, vous pouvez secouer / pousser votre abri: ça semble solide, rigide et sans beaucoup de jeu entre les différentes pièces !

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4 Préparation de la couverture

La couverture sera constituée de feuilles mortes: la structure doit donc être suffisamment serrée pour retenir les feuilles. Improvisez ! Personnellement, j’ai rajouté toutes les perches de bois mort qui me tombaient sous la main. Comme elles ne soutiendront aucune charge, la qualité du bois importe vraiment peu.  Avec du recul j’aurai peut être du rajouter encore plus de perches pour cette étape.

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5 Couverture: 1ere couche

J’aurai été dans une pessière, j’aurai volontiers couvert l’abri avec des branches vertes d’épicéa… mais ce n’est pas le cas. Comme mon Tchoum jouxte un taillis, j’en ai profité pour couper des arbrisseaux de hêtre dont la particularité est de garder ses feuilles mortes longtemps attachées. J’ai ensuite piqué ces arbrisseaux tête en bas (pour faciliter l’écoulement)  directement sans la structure.

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Cette couche n’offre peut être pas de grande protection contre le vent et la pluie, mais grâce à sa nature « aérée », une fois recouverte de feuilles mortes, elle devrait fournir une isolation thermique de compétition !

Nous sommes sur Tacticraft et il ne m’est pas possible d’écrire un article sans parler (même brièvement) d’outils coupants XD. Une grande scie pliante (une Silky gomboy) m’a été bien utile pour couper les (relativement) grosses sections de perches, mais pour les élaguer et surtout pour couper les branches souples/arbrisseaux, une lame longue et solide me parait vraiment pratique et polyvalente. Dans mon cas, j’aime beaucoup bricoler avec un Junglas mais une simple serpe dont on a coupé le crochet suffirait largement.

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Je déteste la tête de mort Tacticool du Junglas: il faudra un jour que je décape le revêtement noir de la lame… Tant pis pour la rouille mais c’est le genre de détail qui vous fout mal quand vous vous adressez à un public (ça et les vêtements camo).

6 Couverture: 2e couche

La dernière couche a pour mission de vous protéger de la pluie et du vent: il vous faut maintenant étaler une épaisse couche de feuilles mortes… Facile à dire… Très long à réaliser…
Il existe cependant deux « trucs »: le coup du poncho et la fabrication d’un balais (voir photos ci dessous).

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A l’aide d’un « nœud de ligature », attachez des branches souples sur un manche improvisé. Pour anecdote, j’ai été obligé de refaire une ligature 4x plus longue que celle présentée sur la photo afin que la brosse tienne bien en place. Le temps investi est certes important mais en retour, le celui gagné pour ramasser les feuilles mortes est considérable !

 

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Le poncho est l’une des pièces maitresses de votre équipement. En plus d’être un vêtement de pluie, il permet de faire des baluchons pour transporter des matériaux. Pour bien rentabiliser vos voyages, il convient de charger avec beaucoup plus de feuilles que sur la photo !

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A ce stade, c’est largement « habitable » pour une nuit.

John C. et Stephane m’ont conseillé une couche de 60cm de feuilles mortes ! Je me suis arrêté à 30cm d’épaisseur compte tenu de la sous couche en arbrisseaux de hêtre.
Afin de maintenir les feuilles en place, j’ai encore rajouté quelques perches par dessus l’ensemble. Le mauvais coté des choses, c’est que tout poids supplémentaire va venir comprimer la couverture et donc diminuer l’efficacité de l’isolation thermique !

7 Finitions: linteau de l’entrée.

L’entrée laisse un « jour » qui remonte jusqu’au centre de la Tchoum ! J’ai donc rajouté un « linteau » qui vient apporter un petit plus en termes de protection contre le vent et la pluie. Voici la marche à suivre.

Vous placerez deux perches en « Y » de part et d’autre de l’entrée. Une perche droite constituant le linteau reposera sur ces deux « Y » (voir photo ci dessous).

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Par dessus le linteau, vous poserez d’autres perches en « Y » mais en sens inverse (voir photo).

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Vous connaissez la suite: on tresse des branches souples entre les perches pour rigidifier l’ensemble puis on pique des pousses de hêtre et enfin on rajoute des feuilles…

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8 Conclusion

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Une fois à l’intérieur, on est frappé par l’effet calfeutré : on se sent immédiatement « au chaud » et les sons environnants sont comme étouffés !

Une Tchoum n’est certes pas un « abri de survie » que l’on fabrique dans l’urgence. C’est au contraire une véritable petite habitation pour qui prévoit de camper plusieurs jours sur un site. A titre d’info, il m’a fallu environ 7 heures pour fabriquer ma hutte. C’est une cabane qui peut tenir des mois, à condition de rajouter des feuilles mortes sur la toiture de temps à autre…

@+ Pour un prochain article !

 

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pratique le camping sauvage, la glane de plantes et champignons, bricole des affuts / abris de fortune... Par l'intermédiaire de Tacticraft, il souhaite aujourd'hui partager sa passion de la "verte".



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