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Published on janvier 14th, 2015 | by Florian L

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Dossier ponchos: 1 le poncho Russe

Le poncho Russe ou « Platshch Palatka » est très en vogue actuellement. Authentique, facile à monter en abri, résitant au feu et pas cher… Il séduit beaucoup de bushcrafters… Mais il ne fait pas non plus l’unanimité !

Avertissement :

J’ai écrit Russe avec des guillemets car beaucoup d’entre nous le reconnaitront sous ce nom.

Cependant, selon l’instructeur de « survie » John C, il semblerait que ce poncho soit plutôt d’origine cosaque. Vous trouverez une brève (et intéressante) exposition des faits en cliquant sur ce lien «  forum EVSF ».

Description :

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C’est un « simple » triangle de coton canvas.

 

Il existe une foultitude de versions du poncho Russe. Celle qui sera testée est une « deux œillets » achetée sur ASMC et semble être d’origine polonaise.

Dimensions : Le poncho est de forme triangulaire et mesure 290cm à la base sur 175cm de hauteur.
Poids : Sec, le poncho pèse 1200g environ. Une fois imbibé d’eau, son poids peut atteindre les 2Kg !
Composition : Toile de coton épaisse tissée serrée qui a l’air plutôt solide. Boutons en plastique. Œillets en aluminium.
Accessoires : Le poncho se ferme sur le devant par l’intermédiaire d’une boutonnière. Deux « trous » servent à passer les manches, ils sont eux aussi fermables par boutons et rabats. Les boutons sont petits et impossibles à manipuler avec des gants. Sur le pourtour, la pèlerine dispose de 5 œillets pour les montages en abri.
Etanchéité : testé « NEUF » sous 2h00 de pluie d’intensité « moyenne », la toile extérieure commençait à s’imbiber. L’eau n’a pas percé.

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Ce poncho est très peu compressible et très encombrant.

Temps de séchage : Sans surprises : c’est du coton. C’est modérément long sans être difficile à sécher comme de la laine.
Encombrement : la toile n’est pas compressible et l’encombrement est donc très important. Il n’est pas possible de transporter ce poncho dans une poche cargo ou dans la gibecière d’une smock. Certains plient leur pèlerine en forme de « bouée » de manière à pouvoir la porter en bandoulière.
Prix : environ 12€. Un rapport qualité prix hallucinant !

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Utilisation en mode poncho :

La coupe n’est pas celle d’un poncho carré mais plutôt d’une pèlerine. L’ouverture sur le devant et/ou les ouvertures pour les bras permettent de garder ses bras/mains au sec et au chaud s’il pleut ou s’il vente. De plus la « cape » couvre son utilisateur jusqu’aux mollets ! On est à l’abri de la tête aux pieds et ce sans étouffer ! Intéressant !

Pour qui aime le look traditionnel, l’effet est sympathique. Cependant, ce look « particulier » n’est pas vraiment passe partout.

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C’est un look particulier…

Bien que lourd (au moins ça ne s’envole pas au moindre vent), le coton est un matériau très agréable au toucher qui ne bruisse pas en se froissant, qui ne dégage pas d’odeur particulière (et absorbe l’odeur de fumée) et qui est respirant lorsqu’il est sec. Si on ajoute à cela l’effet casse-silhouette, le poncho russe est un objet très, très intéressant pour l’observation de la faune et la chasse, que l’on soit en statique comme en dynamique. Je pense en particulier à la chasse au « Pirsch », qui est une chasse à l’approche traditionnelle de l’Alsace – Lorraine ou encore la billebaude photographique.

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Plutôt déperlante avec le traitement d’origine.

Face à la pluie, le traitement du textile d’origine est déperlant. Malgré tout, le coton reste hydrophile. Il va peu à peu commencer à s’imbiber sur sa face extérieure sans pour autant mouiller sur sa face intérieure (exception faite de quelques coutures du capuchon). Je n’ai pu tester ce matériel que sous une courte pluie (2H) et à l’issue de ce test, je suis resté sec.

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L’eau finit par imbiber le tissu, sans pour autant percer immédiatement. J’ai du mal à comprendre comment… Peut être une histoire de maille qui se resserre…

Je dois quand même pointer un défaut gênant : l’imprégnation du tissu par l’eau. Pour faire s’évaporer 1g d’eau, il faut 600 calories de chaleur. Si cette chaleur n’est pas contenue dans le liquide, l’eau va aller la chercher aux alentours : vous. Par conséquent, ce poncho en coton aura un effet réfrigérant si porté humide. Il est recommandé de mettre des couches isolantes, même par température ambiante clémente, pour se prémunir de cet effet.

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Enfin, ce poncho est très inconfortable si porté sous les bretelles du sac. Un sac de 100L « rentre » sous le poncho lorsqu’il est porté « par-dessus ». Dans un cas comme dans l’autre, on n’est plus protégé jusqu’aux chevilles. Ce poncho est bien supérieur pour des séjours en camp ou des déplacements avec un petit sac que pour les grosses randos en autonomie avec sac de 80L et +.

Utilisation en mode tente :

Je n’ai pas testé ce poncho en bivouac, mais j’ai déjà pas mal d’heures d’affut avec le montage en Tipi (le prix de 25€ permet de laisser l’affut derrière soi pendant plusieurs jours sans crainte de vandalisme ou de vol).

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Affut Photo. Pas cher mais pas non plus super confortable comme le sont les tentes-affuts spécialisées.

Cette forme particulière de poncho permet de monter un abri très, très rapidement. C’est encore plus rapide à monter qu’un appentis avec un poncho « carré ». Il vous faudra juste 5 sardines assez fines (les œillets sont étroits), un mât/bâton de marche et une longueur de corde.

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Individu de 1m75

Comme pour tous les autres ponchos de ce test, l’espace disponible sous cet abri est assez restreint.

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Individu de 1m90. Pour mon confort, je devrait raccourcir la hauteur du mât, ce qui permettrait de gagner en surface au sol.

Il est possible de combiner deux ponchos ensemble pour obtenir un tipi 2 places (/ !\ 2 places chez moi = 1 dormeur + 1 sac =) ) qui protégera très bien du vent. Ceci dit, il faut garder à l’esprit le poids important du montage : 2,6 Kg sec à 4Kg mouillé !

Dans ce cadre d’utilisation, la perméabilité de la toile n’entre pas en jeu. Au pire, l’eau va ruisseler par capillarité le long des parois tendues.

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La toile très occultante fournit une ombre un peu plus fraîche que les tarps en nylon « à effet de serre ».

L’autre avantage est la résistance au feu de la toile en coton : il est possible d’allumer un feu de camp à proximité du dormeur sans craindre de bruler/trouer l’abri à cause des escarbilles.

Si vous êtes débutant, je vous déconseille de « survivre » au froid nocturne uniquement grâce au feu. Pensez au fait que vous pourriez casser/perdre vos outils ou que vous pourriez vous retrouver malade/blessé et donc dans l’incapacité de faire un feu. Un sac de couchage correctement dimensionné ne demande aucun outil ni aucun travail manuel pour fonctionner et éviter qu’une banale nuit d’hiver se transforme en cauchemar…

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Sur ce sol détrempé, l’eau remonte par capillarité.

Un dernier avantage de la toile en coton est son pouvoir occultant : sous le soleil d’été, l’ombre est certainement plus fraiche que sous les tarps en synthétique (Par exemple, en juin, mon affut « dog house » en nylon devient un vrai four dès les tous premiers rayons du soleil !).

Conclusion :

C’est une conclusion difficile à rédiger…

Dans MON contexte actuel d’utilisation tel que décrit en préambule (renfort anti pluie par-dessus une smock), cette pèlerine est beaucoup trop lourde, pas assez étanche et redondante avec la smock (qui est elle-même lourde).

Cependant, si je change de perspective et considère cette pèlerine non plus comme un poncho mais comme un vêtement à part entière (respirant, coupe vent, très résistant à la pluie, solide…) et que je fais attention à supprimer toute redondance dans mon équipement… Au final ce truc hyper lourd pourrait paradoxalement alléger mon sac ! C’est actuellement à l’étude…

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Suite à ces tests, j’ai décidé de cirer la toile de ce poncho. Je n’ai pas encore dit mon dernier mot avec ce matériel !

Je suis donc désolé pour cette conclusion en queue de poisson, mais le poncho russe mérite de subir des tests plus poussés. Rendez vous dans un article qui sera dédié au système « pèlerine + veste en laine foulée ».

Page suivante: le poncho Fjallraven ! >>>

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About the Author

pratique le camping sauvage, la glane de plantes et champignons, bricole des affuts / abris de fortune... Par l'intermédiaire de Tacticraft, il souhaite aujourd'hui partager sa passion de la "verte".



5 Responses to Dossier ponchos: 1 le poncho Russe

  1. hrk says:

    je suis intéressé par cette pèlerine… c’est effectivement le poids qui « m’inquiète »… tu vas / veux l’utiliser en vêtement, mais sera t’elle aussi fonctionnelle que ta smock ? Je veux revenir à du plus rustique, notamment pour (ou contre) les ronces et les escarbilles . Malheureusement, je ne sors pas aussi souvent que je le souhaiterai, difficile donc de comparer, tester le pour et le contre … tes retours vont m’aider dans les choix, merci !
    Je vais de ce pas lire ton dossier fjallraven avec intérêt, sans toutefois abonder dans le sens du prix…
    l’efficacité est elle justifiée au regard du cout? Je pars avec un apriori, c’est pour cela que je le note maintenant …

    • Florian L says:

      Un Smock Tac Gear, c’est 1.8Kg (!!!). Dans un systeme pélerine + laine foulée, je peux porter une poche 6″x4″ à la ceinture qui me permettra de porter tout le « nécéssaire ». Cette poche pesant 300g, si on ajoute le poids de la pèlerine, on revient au poids de la smock ^ ^.

      Après de là dire, truc est mieux que machin. C’est une question de gout et de besoins personnels.

      Le système smock me convient (sauf que la tac gear coute 200 euros… ça pique), j’ai juste envie d’aller voir ailleurs par curiosité.

  2. clarysse camille says:

    Bonjour,

    Vendez vous votre plashch palatka ?

    Cordialement,

    Camille

  3. Jordan says:

    Bonjour,
    Il est vrai que ce poncho est extrêmement lourd, pour la randonnée, aucun intérêt. Par contre pour bivouac à deux ou seul avec un ou deux poncho, je le trouve génial pour l’avoir utilisé plusieurs fois. Il est solide ne craint ni l’eau ni le feu. A deux sous le « tipi » il n’est pas étouffant mais garde malgré tout la chaleur dessous (ayant dormi avec un collègue un mois de novembre à 1100 m au mois de novembre avec un duvet d4 15° ). Après je ne craint pas trop le froid. Je trouve que pour moins de 20€ il est largement satisfaisant 🙂
    Ce n’est que mon avis perso. En tout cas sympa ton blog.
    @+

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