techniques

Published on janvier 20th, 2017 | by Florian L

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Le feu, 1ere partie

Il s’agit d’un article sur les feux de camp… Non pas pour faire un énième  « tuto » qui n’apporte rien de plus à ceux, dont de très bons, déjà existants.  Mais plutôt en profiter pour glisser (en pagaille =) un maximum de trucs et astuces accumulés au fil des ans.  Bonne lecture !

Généralités

Le Triangle du feu : la base

La combustion ne peut se produire sans combustible (sans déconner), ni oxygène (comburant), ni chaleur.  C’est important de bien assimiler cette notion simple avant d’aborder la suite.

Pour plus d’infos, consultez wikipedia.

Les 3 phases de combustion du bois

1 La phase de séchage (jusqu’à 250°C) : ouvrez bien vos yeux, c’est un paragraphe un peu compliqué mais ultra important à bien saisir.

GO !

Sous l’effet d’une chaleur, l’eau contenue dans le bois s’évapore. Tant que l’humidité du combustible n’est pas descendue à 10-12%, le feu ne peut pas passer en phase de pyrolyse !!!

Comme l’eau a besoin de calories pour s’évaporer (rappel : 560 cal pour 1g d’eau), le combustible humide va « pomper » cette chaleur dans son voisinage… ce qui peut compromettre « le triangle du feu » (moins de chaleur => le feu s’éteint). On dit que  c’est une réaction endothermique (absorption de chaleur).

On reconnait la phase de séchage à la vapeur d’eau qui s’échappe du combustible.

Démarrer un feu avec du bois humide est donc difficile, il est par conséquent important de :
savoir trouver (et conserver) du bois sec en conditions humides pour limiter l’intensité de la phase de séchage.
savoir bricoler facilement d’importantes quantités d’allume feu pour pouvoir apporter plus de chaleur initiale.

Nous aborderons ces deux points en détail par la suite.

2 La phase de pyrolyse / carbonisation (entre 250 et 800°C) : réaction en chaîne chimique qui transforme le bois en produit gazeux. Donc OSEF.

3 La phase d’oxydation (entre 800 et 1100°C) : le bois entre en incandescence et produit des braises. Donc OSEF.

Types de fumée

Un feu « en bonne santé » (phase 3) ne doit pas dégager beaucoup de fumées.

Un feu  qui dégage de la fumée blanche indique que le bois est humide (phase 1) : c’est essentiellement de la vapeur d’eau. De l’eau en ébullition peut même sortir des extrémités d’une bûche moite !

Une fois le feu établi, je n’ai pas de scrupules à balancer des bûches *un peu* humides dans les flammes : la chaleur finira par les sécher. Elles brûleront certes plus lentement mais brûleront quand même.

Oui, ces bûches n’étaient pas très sèches (bulles)… mais vu la chaleur dégagée, l’eau aura tôt fait de s’évaporer.

Enfin, un foyer qui dégage peu de flammes mais de la fumée blanche-grisâtre indique une combustion incomplète (phase 2). Cette fumée étant hautement inflammable, c’est le signe qu’il ne manque pas grand chose pour obtenir une belle flambée ! Ce phénomène est probablement dû au non respect du triangle du feu :

soit par manque d’oxygène -> vos buches sont peut être trop tassées
soit par manque de chaleur ->  vos buches sont peut être trop espacées

Dans les deux cas, souffler sur les braises n’apporte qu’un regain temporaire à votre feu : il faut réorganiser délicatement le foyer.

Bien, c’est plus rapide que vite ! (David Manise©)

Le secret d’un feu réussi réside dans sa préparation.

Il n’y a rien de pire que de bâcler son petit bois ou de sélectionner à la va vite son combustible pour au final devoir tout recommencer 1h plus tard, le cerveau et les doigts en mode surgelé Picard.

J’attire votre attention sur les « copeaux » à droite. Ils n’ont pas été coupés au couteau, mais simplement arrachés en lamelles comme autant de « peaux de banane ». On reparlera de ce « gain de temps » dans un chapitre ultérieur.


Qualités des différentes essences de bois.

Il est très important de connaitre les propriétés des différentes essences de bois.

Deux  exemples/généralités :
–  Les résineux sont des bois faciles à allumer, produisant de belles flammes mais brûlant trop brièvement (exemple épicéa). Les bois durs sont parfois une plaie pour démarrer un feu mais fournissent de belles braises (exemple hêtre).  Si vous avez le choix, démarrez avec de l’épicéa et finissez avec du hêtre.
– Si vous avez un tarp synthétique craignant les escarbilles, vous apprendrez vite à éviter les essences qui produisent beaucoup d’étincelles… Et il n’y a pas que les résineux qui pétillent : le merisier et le châtaignier pètent pas mal !

Vous trouverez ci-dessous deux tableaux « résumant en détail » (lol) les qualités des différents bois (tableaux piqués sur un forum scout). Et oui j’ai eu la flemme de le refaire au propre (si un lecteur veut mourir contribuer ^ ^).

Bon… La suite est un peu hors sujet, mais reste très intéressante AMHA.


Promis, plus de tableaux XD

Sécurité

Faites des petits feux !

Je n’aime pas voir des collègues faire d’immenses bûchers.
Pourquoi ?

1 pour des raisons évidentes de sécurité. Un petit feu est plus facilement maîtrisable qu’un grand.
2 parce que  30% de la biodiversité d’une forêt dépend du bois mort. Brûler ce bois, c’est tuer des larves d’insectes, détruire des champignons et priver certains animaux de nid ou d’abri pour hiverner.

Faites votre ce pseudo dicton sioux: « Homme blanc  faire grand feu mais s’assoir loin. Peau rouge plus malin, lui faire petit feu et se tenir tout près ».

Dans un autre langage, on dira que l’énergie diffusée par le feu décroit au carré de la distance. Donc se rapprocher 2x  plus c’est recevoir 4x plus de chaleur !

4 Litres sinon rien

Ce « kit » sert à la fois pour l’extinction et pour la filtration tout en restant ultra léger (mais ultra moche).

Je suis sur qu’on va me dire: pkoi t’as pas ramassé les glaçons, patati, patata. Oui mais je voulais vous montrer mon super système avant tout XD

La première chose à faire quand on veut un feu de camp… C’est de s’assurer avoir de quoi l’éteindre ! Préparez au moins 4 litres d’eau (pour un petit feu) à portée de main afin de contrer le moindre départ d’incendie.
Ces 4L ne seront pas perdus : ils serviront de toutes façons à éteindre votre feu quand vous partirez…

Dégagez la place de feu

Mettez le sol à nu à l’endroit où vous ferez votre feu, sur une circonférence de 1m50 environ pour éviter une propagation involontaire.

Pas de feu dans les résineux ni dans les situations à risque incendie!

Ne faites pas de feux dans les parcelles d’épicéas ou à proximité des pins.

D’une part, ces bois sont très inflammables en raison de la résine qu’ils contiennent. D’autre part, leurs racines s’étalent en superficie juste sous la surface du sol. Elles peuvent couver une braise pour finalement déclencher un incendie quelques jours plus tard ! Résine + racines = bombo combo !

Pour limiter le risque, certains fabriquent des tables à feu ou des foyers surélevés en pierre/terre… C’est correct, mais ça prend un temps fou…

Chez moi, il y a beaucoup de feuillus donc je peux choisir de ne pas camper près des pins et épicéas… Si je n’ai pas le choix, je mange froid ou j’utilise un réchaud à gaz.

Il y a d’autres situations à risque incendie : sécheresse, vent fort, sol tourbeux etc. Faites preuve de bon sens ! N’hésitez pas à vous renseigner ! Il suffit d’un seul connard pour faire partir des centaines d’hectares en fumée… Et forcer l’ONF à faire de la répression (voir article de presse).

+ de gardes forestiers => – de liberté !

Apologie du réchaud à gaz

J’ai toujours un réchaud à gaz + grosse cartouche  dans mon fond de sac. Pourquoi ?
-> Permet de maitriser le risque incendie lorsque les conditions sont mauvaises (résineux, tourbière, canicule…). Je sais, je me répète.
-> Moins sensible au vent que le réchaud à alcool, moins « complexe » (entretien et risque de panne +++) que le réchaud à essence pressurisée et moins « chiant » qu’un réchaud à bois.
-> Ninja ! Ne sent pas, ne fait presque pas de bruit (pensez au son que vous faites en bâtonnant), ne produit pas de flamme brillante ni de fumée et peut s’utiliser sous tente. Idéal quand vous voulez rester discret et/ou respectueux des lieux …
-> Production de feu instantanée, demande très peu de motricité fine (doigts engourdis) et la boisson tiède est l’un des gestes de 1er secours  contre l’hypothermie. Le réchaud à gaz est donc un outil de survie intéressant en saison hivernale pour la plaine ou la moyenne montagne (pensez à prendre une cartouche « hiver » contenant de l’isopropane) !

Tranquilou loulou.

Certes, ces réchauds fonctionnent beaucoup moins bien en haute altitude et par froid extrême. Par -5C° en plaine, la baisse de puissance est nettement sensible mais on peut encore faire bouillir de l’eau. A partir de -15°C il faut réchauffer la cartouche. Plus on prend de l’altitude et plus le débit de gaz est faible… Les alpinistes préfèrent d’ailleurs utiliser des réchauds à essence pour faire leur cuisine.

Note : un briquet BIC fonctionne comme un mini réchaud à gaz et tombera en panne dans les mêmes conditions de froid et d’altitude (sans parler de l’humidité > spécialiste du briquet tombé dans la neige ^ ^).

A part ça, aucune raison objective de s’en passer ! Sinon que ça ne fait pas fantasmer les trappeurs péri-urbains (ça parle mal =)…

Pas de feu sans surveillance

Un feu peut dégénérer à tout moment ! Donc pas de feu sans surveillance !

Ceci implique de ne pas s’éloigner ni de s’endormir devant : risque de feu de forêt mais aussi d’incendie d’équipement…

Par conséquent, je suis archi contre la mode du bivouac « roots » composé d’une couverture en laine + tarp coton + feu de camp. A moins d’être à plusieurs et d’effectuer des tours de « garde-feu », vous ne pourrez pas à la fois dormir ET surveiller le feu… Et n’oubliez pas, une « plasch palatka » cirée, c’est exactement le même principe qu’une bougie géante : ça flambe comme une torche ! Dire que ça résiste au feu, c’est une contre vérité…

Prévoyez un sac de couchage dimensionné aux températures attendues ainsi qu’un peu de rabe en vêtements isolants pour la résilience… Et dormez feu éteint ! C’était mon avis à deux balles.

Truc : dormez avec votre petit bois dans votre sac de couchage. Le lendemain matin, il sera chaud, sec et prendra rapidement (enfin on part du principe que vous transpirez moins des pieds qu’il n’y a de rosée / condensation XD). Cette astuce marche aussi (et surtout) avec votre bidon d’alcool à brûler ou votre cartouche de gaz.

Fin 1ere partie

On entame la suite avec les méthodes d’abattage !

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About the Author

pratique le camping sauvage, la glane de plantes et champignons, bricole des affuts / abris de fortune... Par l'intermédiaire de Tacticraft, il souhaite aujourd'hui partager sa passion de la "verte".



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