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Published on janvier 23rd, 2017 | by Florian L

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Le Feu, 3e et dernière partie

Dernière partie de cet article marathon sur le feu ! On passe aux choses sérieuses: allume-feux, démarrage et cie !

Les allume-feux

Principe

Il s’agit d’un matériau qui s’enflamme facilement à l’aide d’un briquet ou d’un firesteel et qui brule seul pendant au moins 10 secondes.

Un allume-feu est généralement constitué d’un combustible à base de cellulose et d’un corps gras. Une fois ce principe compris, vous bricolerez des allume-feux avec ce que vous aurez sur vous ou autour de vous.

Quelques exemples :
– bois gras = bois + résine composée à 40% d’une huile essentielle : la térébenthine.
– coton + baume à lèvres (s’il contient de la vaseline ou un corps gras quelconque)
– kleenex + huile de cuisine
– bougie = paraffine + coton = plash palatka XD
– écorce de bouleau = écorce + huile essentielle contenue dans l’écorce
– ficelle végétale + poix d’épicéa (le sisal s’enflamme facilement avec un firesteel !)
– même les chips de pomme de terre/de mais brûlent ! Plus elles sont crades, sèches et huileuses et mieux ça marche !
– huile de sardine en boite + … OK OK ^^ !

Écorce de bouleau + « pépite » de résine de pin. Naturel et bourrin.

Pourquoi faire ?

L’allume-feu doit apporter suffisamment de chaleur initiale, aussi appelée énergie d’activation, pour assécher votre petit bois (phase 1) puis augmenter la température jusqu’à 800°C afin de démarrer le feu (phase 3).

Plus, c’est mieux. Trop, c’est bien.

On ne maîtrise pas toujours l’humidité de son petit bois ni les conditions météo.

En revanche, on peut transporter d’importantes quantités d’allume-feu sans que ce soit handicapant tant en volume qu’en poids et ces ressources sont abondantes lorsqu’on sait où chercher.

Par conséquent, je n’hésite jamais à enflammer une quantité « overkill » d’allume-feu. Le démarrage du feu de camp n’en sera que plus rapide.

« Plaque » d’écorce de pin sylvestre naturellement enduite de résine. Allume feu prêt à l’emploi.

Le bois gras

A mes yeux, le bois bras est l’un des meilleurs allume-feux :
– contrairement aux allume-feux « poisseux » (coton vaseliné) ou fragiles (écorce de bouleau), un bâton de bois gras peut être glissé tel quel dans la poche (voir porté au bout d’un collier « fond de poche »).
– absorbe peu l’eau lorsqu’il est très saturé de résine
– se conserve longtemps
– facile à enflammer avec un firesteel
– peut être gratté par souci d’économie ou brulé en entier en cas de situation dégradée

Pour plus d’infos, consultez mon article sur le bois gras.

Exemple de kit de survie « tour de cou » comprenant un morceau de bois gras.

Le sachet d’allume-feu

Mon fond de sac contient toujours au moins 50g d’écorce de bouleau / résine de pin dans un sachet ziploc. C’est un mélange léger, facilement inflammable, qui brule très longtemps et que l’on peut ravitailler en chemin lorsque l’opportunité se présente.

Attention, l’écorce de bouleau se récoltant plus facilement sur des troncs très pourris, elle est parfois très humide (surtout quand l’aubier trempé colle au dos de la feuille d’écorce).

La résine de pin quant à elle ne sera humide que superficiellement (valable pour la poix d’épicéa aussi).

Souvenez vous : par temps humide, pour allumer un feu, je trouve plus efficient de doubler/tripler la quantité d’allume-feu plutôt que m’efforcer à détacher des copeaux de tout petit bois.

Moralité en mode je me répète: peu importe le type d’allume-feu que vous choisirez, emportez en une bonne quantité et apprenez à en bricoler avec ce que vous avez sous la main!

Pour à peine 50g, vous disposez d’une assurance-feu que vous pouvez re-remplir en cours de séjour.


Combo kleenex huile olive et/ou poix d’épicéa

Les mouchoirs en papiers sont de vrais outils de survie. Pansement  compressif, essuie tout, préchauffage de l’alcool à bruler, coton carbonisé top qualité pour le briquet à silex…  Et allume-feu de compétition !

Ces paquets de mouchoir me suivent partout : dans mes poches, dans mon kit cuisine, dans ma trousse bobo, dans le coffre de la bagnole pour être sur de partir avec un ravitaillement frais…

Si je prévois de manger dehors, j’ai au moins mon huile et mes mouchoirs. 850 Kcal/100g, un rapport poids / énergie imbattable. En randonnée, il est intéressant d’assaisonner ses plat d’une bonne rasade d’huile…

Mode d’emploi : imbibez partiellement votre kleenex d’huile d’olive, d’huile d’écorce de douglas, tartinez de poix d’épicéa, de stick à lèvres (s’il contient de la vaseline)  ou faites un balluchon de résine de pin… Ensuite, mettez le feu à la partie sèche de votre mouchoir en papier. Ultra violent !

On peut remplacer le kleenex par des copeaux de bois ou encore un bout de votre caleçon en coton (si c’est votre truc ^ ^). Enfin bref, vous aurez compris le principe de l’allume feu !

Souvenez vous : plus, c’est mieux. Trop, c’est bien !

kleenex + un peu d’huile = violence.

Etablir une base

Votre feu doit être isolé de l’humidité du sol. Sinon, la chaleur des premières flammes sera pompée par l’évaporation de l’eau contenue dans la terre.

Pour ce faire, il suffit de construire votre foyer au dessus de morceaux de bois sec (une buche fendue en deux…).

Et oui, constituer une base avec du bois humide revient à faire son feu à même le sol.

base typique: cœur de bûche bien sec.


Production de la flamme

Je ne vais pas vous faire un tuto sur l’utilisation des allumettes  ni sur les méthodes de feux « préhistoriques ».

Ayez juste sur vous au moins  une tige de ferrocérium et un briquet, de préférence dans votre poche de pantalon pour des questions de survie… Le briquet à gaz fonctionne mieux lorsqu’il est chaud (et sec).

Note : Un équipement de survie se conserve sur soi, dans un ziploc étanche idéalement, pas dans le sac à dos.

Faire monter son feu

Une fois votre première flamme obtenue, il suffit de rajouter le combustible au fur et à mesure en commençant par le plus fin et en terminant par le plus gros… Distribuez votre bois en formant une sorte de tipi.

La difficulté consiste à avoir le bon timing et à agencer son bois pour ne pas étouffer son feu.  C’est un coup de main que l’on acquiert rapidement.

John C. (de l’EVSF) a dit une fois : « Un feu c’est comme un enfant. Pour qu’il grandisse, il faut savoir le nourrir et le protéger, mais sans l’étouffer ».

Pour ne pas faire de jaloux, David Manise (CEETS) aussi a sa petite citation : « un feu c’est comme un couple, les bouts de bois brulent par deux. Si les bouts de bois sont trop rapprochés, le couple étouffe. S’ils sont trop distants, la relation manque de chaleur. »

N’oubliez pas, si ça « fume gris », c’est que soit parce que vous allez trop vite / bois trop espacé (pas assez de chaleur), soit parce que votre foyer n’est pas assez oxygéné (bois entassé trop serré). Triangle du feu, toussa…

Ci dessous, un exemple d’allumage de feu en photos.

Allumage au briquet de l’écorce de bouleau.

 

Plus, c’est mieux.

 

 

 

#Targaryen

 

Le tipi, ça va 5 min. Je ne me voyais pas disposer les branchettes unes par unes… Alors j’ai balancé la poignée directement dans le feu.

 

Et voilà <3

 

Architectures de foyer

Principes :

Les flammes irradient à 360°. Elles sont bonnes pour éclairer, faire sécher des vêtements et se réchauffer. Cuisiner à la flamme est « ok » avec une popote mais calcine les aliments cuits sur grill ou à la brochette (carcinogène !).

Les braises chauffent surtout le ciel, elles réchauffent mal les corps. En revanche, elles permettent de cuisiner facilement des aliments (grillades).

On cherche généralement à éviter la fumée : elle est irritante… et fortement cancérigène (pire que la cigarette !).

La fumée et le sens du vent.

Avant de monter son camp, il est judicieux de vérifier le sens du vent (ou de connaitre les vents dominants de votre région) pour éviter d’être fumé comme un saucisson.

Contrairement aux idées reçues, il ne faut pas installer sa tarp dos au vent car la fumée envahira l’abri par effet de turbulence (voir photo).

Le vent de face est évidement à proscrire…

Dans l’idéal, le vent doit souffler de ¾ arrière sur votre camp.

 

Oui, je me suis pris les pieds dans les bâtons de marche juste avant de prendre le cliché. Et oui, si ça fume autant, c’est en raison des feuilles vertes jetées dans les braises.

 

Les réflecteurs

Un réflecteur est une sorte de palissade placée derrière le feu, qui réfléchit le rayonnement infrarouge vers vous et crée une bulle d’air chaud ascendant qui permet d’évacuer la fumée… En théorie…

Dans la pratique, il a été prouvé que ces réflecteurs placés devant soi sont inefficaces (cf Surviethon de André-François Bourbeau et Manuel de Survie de David Manise).

En revanche, avoir une paroi derrière soi, que ce soit la toile de votre tarp ou une palissade de bois, augmente de manière sensible la température environnante (toujours cf Surviethon).

Pas convaincu ? Faites le test avec une planche  de contre-plaquée placée derrière le feu et un thermomètre : vous ne constaterez aucun gain de chaleur.

Et pourtant j’en ai fait des réflecteurs… Mais bon, bullshit !


Dakota

Le feu Dakota fait partie des pires clichés du bushcraft car le rapport quantité de travail/bénéfice est médiocre, surtout en forêt. Si vous débutez, considérez cette architecture de feu comme une « perte de temps  amusante ».

En tipivrac nafout

Feu démarré classiquement en tipi et qui finit en vrac XD. Pas de prise de tête, facile à manager et fournit un beau tapis de braises (braises que l’on coincera entre deux grosses bûches pour former une épaisseur).

En étoile

Architecture de feu très pratique qui permet d’économiser le combustible : on pousse les bûches au fur et à mesure vers le centre. Plus on rapproche les bûches, plus le foyer brûle fort. Permet en outre de poser sa popote au centre de l’étoile : pas besoin de bricoler de suspension de popote. C’est juste la solution la plus efficiente amha.

L’une de mes architectures préférées.

 

Entre 3 ou 4 piquets de bois vert

Permet de poser une tasse et de faire un tout, tout, tout petit feu en dessous. Pratique pour la pause thé. Attention à ce que le feu ne dure pas trop longtemps ou vos piquets de bois vert vont bruler.

L’astuce consiste à planter les piquets en « V » et à coincer sa tasse entre.

 

L’autre « truc » c’est d’en faire un mini feu en étoile et de pousser le combustible au fur et à mesure.

 

On peut aussi utiliser des piquets de tente en alu ou en acier… Mais les cycles de chauffe vont rendre le métal mou puis cassant. A vous de voir si vous pouvez considérer vos piquets de tente comme des consommables.


Bien éteindre son feu

Avec vos 4 litres d’eau mis de coté…
1 arrosez le foyer de manière à stopper les flammes et refroidir les braises.
2 les gros charbons et les bûches sont arrosées individuellement sur le dessus COMME LE DESSOUS. Si possible, trempez les plus gros morceaux directement dans l’eau.
Arrosez le sol jusqu’à ce qu’il soit saturé d’eau. Si l’eau ruisselle, piquez le sol pour être bien sur qu’elle pénètre en profondeur.
4 Ne partez que lorsque le sol et les charbons sont froids au toucher.
5 Éventuellement, effacez vos traces. C’est le moins important des 5 points : la nature s’en fout que vous laissiez un foyer visible…

C’est terminé… Pour le moment ! Comme j’en apprend tous les jours (en partie grâce à vous d’ailleurs !), une 4e partie compilant encore plus de trucs et astuces sur le feu sortira probablement un de ces 4.

@+ !

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About the Author

pratique le camping sauvage, la glane de plantes et champignons, bricole des affuts / abris de fortune... Par l'intermédiaire de Tacticraft, il souhaite aujourd'hui partager sa passion de la "verte".



2 Responses to Le Feu, 3e et dernière partie

  1. Maxime says:

    Salut, merci pour les conseils, à moi de t’en donner les capotes et les tampax ( éffiloché ) sont top pour allumer un feu c’est léger peu encombrement pas chère et surtout emballé hermétiquement.

  2. hrk says:

    bonjour Florian,

    Après tes pérégrinations sur les smocks, je vois que tu as opté pour une Fjäll***. Est ce celle que tu espérais ?
    merci à toi

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