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Published on août 5th, 2014 | by Florian L

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Review: Izula II

Salut ! Il s’agit de la première review de couteau sur Tacticraft ! Pour ouvrir le bal, je vais faire honneur à « l’ancien », un neck que je possède et utilise depuis 3-4 ans déjà : l’Izula 2 de chez ESEE.

Bonne lecture !

 

1 Poids

Les valeurs comprennent la mini dragonne en para corde et le grip de raquette de tennis.

Poids total (couteau et étui) : 118g
Poids étui : 22g
Poids couteau : 96g
Poids teklok + 2 vis : 43g
Poids clip ceinture + 4 vis : 34g

Commentaire : Il faut garder à l’esprit qu’un Mora Companion Heavy Duty pèse 120g. L’izula est lourd pour un petit couteau.

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Un ESEE Izula II et un Mora Companion Heavy Duty cote à cote.

2 Lame

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 Forme de la lame : drop point
Dureté : non communiqué par ESEE.
Acier : 1095
Emouture : full flat
Construction : fausse plate semelle (le manche est évidé)
Matériau du manche : micarta fixé par vis (démontable)
Trempe différentielle : non
Angle du fil : d’origine, à vue de pif c’est du 40°. Avec les affutages successifs, j’ai réduit cet angle et convexé le tranchant. Sorti d’usine, le couteau sera donc moins performant que celui présenté dans ce test.
Tenue du fil : l’acier est tendre. En cours de travail, il est préférable de passer de temps en temps un coup de tige céramique sur le fil sinon le tranchant risque de rapidement s’émousser.
Attention, un acier mou (ou dur) n’est ni un défaut, ni un avantage. C’est un élément de design fonctionnel. Je vous donnerai mon avis au cours de ce test sur cette décision de trempe prise par le fabricant.

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3 Etui

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L’izula 2 dans étui

Matériau : plastique moulé.
Type de rétention : pseudo kydex avec deux points de friction qui viennent retenir le couteau derrière la garde.
Sécurité de la rétention de l’étui : même en secouant énergiquement le couteau, je ne réussis pas à l’éjecter. La rétention est donc sécurisante.
A propos du Clip ceinture ESEE : un clip ceinture, quel qu’il soit, n’est pas infaillible car il peut glisser. Sur l’Izula, le clip a en plus le défaut d’être positionné très bas, sous le centre de gravité du couteau. Double inconvénient. En premier lieu, le couteau est déséquilibré et tend à pencher vers l’extérieur sur une attache souple (rebord de poche de pantalon). Enfin, lorsque le couteau est clipé à la ceinture, le manche dépasse fortement et s’encastre dans les côtes de l’utilisateur.


A propos du teklok : un teklok dispose d’un verrouillage en position fermée. Un Izula 2 associé à un teklok permet un port ceinture à l’horizontale. J’ai porté ce couteau de cette manière des années durant. Conclusion ? C’est relativement confortable, très discret et très facile à déployer si on ne porte qu’un T-Shirt.

A propos du port en tour de cou : j’ai essayé… les 115g font oublier le couteau mais malgré la rétention sécurisante de l’étui, je n’aime pas porter un neck manche vers le bas.


Facilité d’ouverture : un modèle du genre ! On saisit le couteau à pleine main et on pousse l’étui du pouce. La rétention est ni trop dure, ni trop lâche : parfaite !
Facilité de fermeture : il faut pousser le couteau dans l’étui (ou l’étui sur le couteau).

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Le couteau s’extrait d’une main, sur simple pression du pouce.

 

4 Métré

Longueur totale : 17cm
Longueur de la lame : 6.8cm
Longueur du manche : 9.1cm
Epaisseur du dos de lame à la garde : 4.3mm
Epaisseur du dos de lame à mi longueur : 4mm

5 Ergonomie

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Avant propos : avec des gants anti-coupure (textile) usés, le micarta est un matériau extrêmement glissant. C’est pourquoi le manche de ce couteau est enrubanné de grip de raquette de tennis. Les tests valent pour le couteau + grip.
Serrer / saisir : le manche est très fin au niveau de la garde. En prise marteau, le creux de l’index est plus large que la garde : la main peut glisser sur la lame (voir rubrique suivante).
En revanche, le talon du manche s’épaissit et permet au petit doigt de venir verrouiller la prise. L’Izula II dispose d’un manche légèrement plus long que l’Izula. Possédant les deux couteaux, ce surplus de longueur fait toute la différence : il y a de la place pour 4 doigts sur l’Izula II contre 3 doigts sur l’Izula I (sachant que les 2 derniers doigts de la main sont responsables de plus de la moitié de la force de constriction et la perte de votre petit doigt réduit de 33% la force de votre poigne ! voir cet article ).

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L’Izula 1 ne convient absolument pas aux grandes mains.

Blocage avant : l’Izula II présente une « fausse garde ». Mon avis est plutôt mitigé. Si on tient le couteau en prise « marteau », la garde est inefficace et n’empêchera pas la main de glisser sur la lame. Si on veut éviter cet écueil, il faut placer le pouce sur le dos du tranchant et « pincer », ce qui aura pour effet de plaquer la fausse garde contre l’index. Ceci étant, cette prise n’est pas la plus efficace pour travailler le bois.
Blocage arrière : l’Izula n’étant pas un chopper, le blocage arrière n’a pas grand intérêt.
Blocage rotation : en raison de l’étroitesse du manche, l’effort pour maintenir un angle lors d’une coupe en force reposera sur l’annulaire et l’auriculaire. En effet, c’est la seule partie du couteau assez épaisse pour permettre aux doigts de se verrouiller complètement. Cette prise en main non-optimale s’en ressent lorsqu’on doit maintenir un angle de coupe constant tout en exerçant une force (exemple : faire des feathersticks).

Commentaire : si l’Izula II avait été un couteau de ceinture, je l’aurai saqué. Il faut replacer les performances dans leur contexte. S’agissant d’un neck, l’Izula II offre une prise en main bien plus satisfaisante que la majorité des couteaux de cou concurrents.

6 Coupe « utilitaire »

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Coupe d’aliments : nous sommes très loin des performances d’un Opinel. Avec son dos de lame épais, l’Izula éclatera la pomme que vous tentez de couper en quart (coupé net ou éclaté, de toutes façons c’est mangé de la même manière =). Ceci dit, bien que « non performant », toutes les tâches de préparation de nourriture (ouverture sachets, peler/couper pomme, préparer des radis, couper de la viande etc.) ont été achevées avec succès dans des délais raisonnables.

Coupe d’une corde : la lame est d’une taille idéale pour couper de la cordelette. RAS donc.
Tailler une encoche dans du bois vert : autant le dire d’emblée, l’Izula est mauvais pour cette tache précise. Pourquoi ? Parce que pour réaliser la coupe perpendiculaire à la fibre, il est impossible d’y aller à la simple force de la main : le couteau est trop épais et ne veut pas « rentrer ». Vous devrez bâtonner légèrement afin de créer cette entaille. Ensuite, pour détacher les copeaux qui formeront l’encoche, il faut certes appuyer un peu plus qu’avec un mora mais ça reste réalisable en coupes « 2 pouces » (aka « push cut »).


Réaliser un feather stick (bois sec évidement) : je ne m’attendais pas à cela, mais je dois dire que l’Izula se débrouille pas trop mal – toutes proportions gardées – dans le cadre de confection de feathersticks. Certes, la lame courte limite la longueur des copeaux détachés.


Eplucher l’écorce d’une branche (bois vert) : Si le but de la manœuvre consiste simplement à virer l’écorce alors il n’y a aucun problème. En revanche, pour prélever des lanières régulières l’Izula 2 n’est ni assez maniable ni assez coupant.


Tailler une pointe sur un petit bâton de bois vert : toutes les positions de coupe (genou, 2 pouces, dorsal etc.) fonctionnent très bien.


Bâtonner pour fendre et refendre (bois sec) : l’Izula fonctionne assez bien pour fendre du bois en raison de son épaisseur et de sa construction robuste. Ceci dit, la faible longueur de l’Izula II limitera les travaux aux petits bâtons et autres bûchettes courtes. A titre de comparaison, un Mora est moins épais mais sera plus utile car plus long.
La plate semelle est affleurante sur le talon du manche et permet de bâtonner « par l’arrière » afin de refendre le bois en « crayons ». Cependant, les plaquettes auront alors tendance à glisser vers l’avant sous les chocs… ce qui n’a aucune importance autre qu’esthétique.


Bâtonner pour couper transversalement : La petite taille de l’Izula entraine deux problèmes. D’une part votre main est proche de l’objet à couper ce qui entraine le risque de se marteler les doigts ou se les coincer entre le billot et le manche. D’autre part, la petite lame limite les travaux aux morceaux de bois de petit diamètre.


Faire un trou avec la pointe : la pointe de l’Izula est aigüe lorsqu’il est neuf. Comme l’acier est mou, les pointes des Izulas très usés s’arrondissent sensiblement. Sur mon modèle encore « potable », réaliser un trou est plus difficile qu’avec un Mora mais reste relativement aisé.

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7 Divers

Prix : 87€ pour un Izula avec juste un étui. 104€ pour le « kit » (comprend le clip ceinture et des accessoires). Premièrement,le kit n’a d’intérêt que pour son clip ceinture. Or on a vu ci-dessus que ce clip est inconfortable et présente un risque de perdre son outil.Ensuite, même dans sa version de base, ce couteau reste cher.
Fiabilité : l’acier employé et surtout la mollesse de la trempe font de l’Izula un couteau difficile à casser ou à ébrécher. On aurait souhaité une plate semelle « vraie » pour rester cohérent avec la philosophie de design de ce couteau. Quoi qu’il en soit ESEE garantit ses couteaux à vie et remplace les modèles cassés sans poser de questions…
Facilité d’affutage sur le terrain : la petite taille de la lame ainsi que l’acier mou employé font de l’Izula un couteau facile à affuter.


Résistance à l’humidité : l’acier 1095 rouille. L’ensemble du couteau est recouvert d’une peinture résistante à l’abrasion… qui fatalement finira par partir un jour ou l’autre. Par temps humide ou en milieu côtier, on peut graisser sa lame de temps en temps. Par expérience, il faut quand même beaucoup de négligence et d’inactivité avec son couteau pour que la rouille parvienne à attaquer l’acier.
Le trou de l’étui permet d’éviter l’effet « cuvette » mais ne permet pas un séchage rapide. De plus, il a tendance à se boucher avec la terre.

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Le coating tient assez bien. Particularité: plus il est lisse et usé et mieux la lame coupe.

Facilité de nettoyage : il faut savoir que le micarta constituant les plaquettes du manche absorbe les liquides (dont graisse). Ce qui est  un vrai nid à bactéries. Si en plus on rajoute du grip à raquettes de tennis, je vous déconseille d’en faire votre « couteau de bouche » pour des raisons d’hygiène.

Pour dégraisser des plaquettes en micarta, il faut de l’eau chaude et du liquide vaisselle…

8 Conclusion

L’Izula n’est pas le petit couteau qui vient compléter une hachette ou une machette. Dans ces cas de figure, on recherche plutôt une lame qui reste longtemps affutée et dont la forme permet un fort pouvoir de coupe. L’Izula est beaucoup trop mou et trop épais pour assurer dans ce rôle.

De mon point de vue, l’Izula 2 est plutôt conçu comme un mini couteau de camp / de survie. C’est-à-dire qu’il peut encaisser des tâches « non conventionnelles » comme creuser (testé) ou ouvrir une boite de conserve (testé aussi) et s’en sortir avec quelques mini accrocs dans le tranchant. Ces mini accrocs partiront rapidement aux affutages suivants.

A qui je recommande ce couteau ? Certainement pas aux bushcrafteurs qui recherchent généralement des lames très coupantes. Ce couteau semble s’adresser à des utilisateurs qui subissent des contraintes de poids du matériel porté croisé avec un risque de situation dégradée. On pense aux militaires et personnels d’ONG. Certains randonneurs rentrent aussi dans cette catégorie. Ceci dit, même dans ce cas, je leur conseillerai plutôt une lame dans le même esprit de résilience mais un tout petit peu plus longue.

Conclusion : l’Izula n’est pas un mauvais couteau: il s’en sort dans la plupart des tâches et reste très agréable au port (je ne l’aurai pas gardé ET utilisé si longtemps sans ça)… c’est juste que sa « philosophie » d’utilisation est handicapée par une lame trop courte et trop épaisse. Par exemple, si on souhaite rester chez ESEE, l’ESEE3, avec ses 3mm d’épaisseur, ses 3 pouces de longueur et ses 147g me parait être un design plus cohérent pour qui cherche un petit couteau costaud.

MON Izula ? Oui, je vais m’en séparer mais… Je vais avoir du mal à lui dire au revoir.

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Préparation de buchette à réchaud bois pour les cuissons longues durée.

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pratique le camping sauvage, la glane de plantes et champignons, bricole des affuts / abris de fortune... Par l'intermédiaire de Tacticraft, il souhaite aujourd'hui partager sa passion de la "verte".



4 Responses to Review: Izula II

  1. legrandjacques says:

    Bon retex qui rejoint ce que je pense de ce couteau (j’en ai possédé un fut un temps) ni très bon ni très mauvais ce qui ne permet pas d’accrocher véritablement- un bon back up de fond de sac en fait – je suis convaincu qu’un bon vieux Mora soutiendra avantageusement la comparaison dans plus d’un domaine même si je n’aime pas beaucoup les tranchant qui ne sont pas full tang.

  2. Chris says:

    Tu dis que tu vas t’en séparer… Connais-tu déjà le nom de son remplaçant ? 🙂

  3. Houdoy says:

    Izula I ou Izula II. Ce n’est pas un mauvais couteau, ni un génie. Mais, quand le couteau qu’on lui préfère casse en plein travail, on est heureux de le trouver, porté au cou ou au fond du sac. Et c’est ainsi qu’on s’y attache, comme à un vieil ami sur qui on peut compter.

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